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Le contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine permet de vérifier le respect des obligations de moyens et de résultats imposées aux responsables de la distribution de l’eau. Cette mission relève de la compétence de l’Etat et est exercée par le Service Santé-Environnement de la DSDS. Les modalités de ce contrôle et les normes de potabilité sont définies dans le Code de la Santé Publique. Cette mission porte sur l’ensemble de la distribution, depuis le point de captage, jusqu’au robinet du consommateur. La fréquence et les types de visites sont fonction de l’origine et de la nature des eaux, des traitements et de l’importance de la population desservie. Le contrôle des eaux en Guadeloupe concerne 55 captages alimentant 54 stations de traitement et 57 unités de distribution (visualiser la carte des UDI). Le contrôle de ces installations implique la réalisation par la DSDS d’environ 1 500 prélèvements par an, ces prélèvements étant ensuite analysés par l'Institut Pasteur de la Guadeloupe.
En complément de ce contrôle réglementaire, l’exploitant, responsable de la distribution d’eau, doit surveiller en permanence la qualité de l’eau distribuée et doit assurer un examen régulier des installations. Le contrôle de la qualité bactériologique de l'eau repose essentiellement sur la recherche de germes témoins de contaminations fécales. L’identification de telles bactéries permet de conclure à une pollution d’origine fécale. Dans ce cas, les eaux sont susceptibles de contenir toutes sortes de germes pathogènes et sont donc considérées comme non potables. De nombreuses études ont confirmé que la présence de ces germes induit une augmentation significative de pathologies gastro-intestinales.
L’eau des ressources est généralement de bonne qualité bactériologique et ne présente qu’une faible contamination dans des conditions météorologiques normales. La qualité bactériologique des eaux distribuée est satisfaisante avec 97 % de conformité analytique

Plusieurs communes de la Côte Sous le Vent, du Sud et du Nord Basse-Terre subissent régulièrement la distribution d'une eau présentant des turbidités importantes. Les dépassements sont constatés à la suite d’épisodes pluvio-orageux. Ils témoignent de l’incapacité de certains équipements en place à traiter correctement des eaux superficielles qui se chargent très rapidement en turbidité lors de ces épisodes pluvieux

La turbidité de l’eau a pour origine la présence de matières en suspension qui donnent un aspect trouble à l’eau. Ces matières peuvent avoir pour origine des ressources sensibles (eaux de surface,…) ou des perturbations du traitement ou de la distribution des eaux. Le risque pour la santé n’est pas directement lié à la présence de ces particules mais aux germes pathogènes qui s’y fixent et sont ainsi protégés des désinfectants. De plus, le désinfectant habituellement utilisé en Guadeloupe étant le chlore, les sous produits issus de la recombinaison des particules organiques avec ce chlore engendrent un risque chimique.
Dans les îles du Nord, en l'absence de ressources d'eau douce, l’eau potable distribuée est produite par des usines de dessalement d'eau de mer dont le fonctionnement est basé sur un procédé de distillation. Jusqu'en 2006, les équipements en place à Saint Martin favorisaient la production d'une eau dont la température avoisinait les 30 à 40°C à la sortie de l’usine, ce qui créait des conditions favorables au développement des légionelles. Cette situation était amplifiée du fait d’un réseau vétuste non maillé et de points de rechloration en nombre insuffisant. Depuis, l'exploitant procède au remplacement progressif de ces installations par des unités de traitement de technologie plus récente (osmose inverse) ce qui a grandement amélioré les conditions de distribution de l'eau et de maîtrise de la prolifération des légionelles dans les réseaux. Le contrôle renforcé sur les légionelles dont fait l’objet les Iles du Nord n’a recensé aucun dépassement des seuils d’alertes en distribution, à Saint Martin en 2008, cette situation très favorable étant à comparer aux 10 % d'analyses non-conformes environ habituellement recensés les années précédentes.
Au total en 2008, sur les 55 captages exploités et 54 unités de traitement que compte le département, 260 prélèvements en vue de recherches de pesticides ont été réalisés. En particulier, sur les 5 captages opérationnels du sud Basse-Terre concernés par la pollution en composés organochlorés, 20 prélèvements ont été réalisés à la ressource et 20 au niveau des unités de traitement, soit plus de 3 fois la fréquence réglementaire prévue. Au contrôle sanitaire réglementaire, il faut rajouter des analyses dites d’auto-contrôle, c’est à dire réalisées directement par les exploitants et qui ont représenté en 2008, 58 prélèvements au total sur ces 5 ressources.
En ce qui concerne les résultats d’analyse, au niveau de l’eau distribuée, le contrôle renforcé permet non seulement de s’assurer d’une distribution d’eau conforme aux normes, mais aussi de juger de la saturation des filtres et de prévoir ainsi leur remplacement. Ainsi, en 2008, sur l’ensemble des prélèvements réalisés, 1 résultat non conforme a été recensé en sortie de station de traitement, soit 4 % d'analyses non conformes sur l'eau distribuée. Ce résultat non conforme a entraîné immédiatement le remplacement des filtres concernés.
En complément aux indispensables actions générales de préservation du milieu, les périmètres de protection s’affirment comme un outil privilégié pour prévenir et diminuer les causes de pollutions locales ponctuelles et accidentelles susceptibles d’altérer la qualité des eaux prélevées. En application de l’article L.1321-2 du Code de la Santé Publique, tous les points d’eau destinée à la consommation humaine doivent faire l’objet d’une autorisation de prélèvement et de la mise en place des périmètres de protection. Les périmètres de protection correspondent à un zonage établi autour des points de prélèvements d’eau. Définis sur la base de critères hydrogéologiques, ils conduisent à l’établissement de trois zones auxquelles peuvent s’appliquer des servitudes d’utilité publique :
• Le Périmètre de protection immédiate : Il est destiné à empêcher la détérioration des ouvrages et à éviter tout déversement de substances polluantes à proximité du point de captage. Il est acquis en pleine propriété par la collectivité bénéficiaire (commune ou groupement de communes) et clôturé. Toute activité autre que celles liées à la distribution de l’eau y est interdite.
•Le Périmètre de protection rapprochée : Il délimite un secteur de quelques hectares dans lequel une éventuelle pollution est susceptible d’atteindre rapidement le captage. A l’intérieur de ce périmètre, auquel s’appliquent des servitudes d’utilité publique, toutes les activités polluantes sont interdites ou réglementées.
• Le Périmètre de protection éloignée : Facultatif, il correspond à la zone d’alimentation du point d’eau voire à l’ensemble du bassin versant ou du bassin hydrographique où s’applique la réglementation générale en matière
de protection de l’environnement. Toutefois, le plan d’occupation des sols peut y fixer des prescriptions plus contraignantes.
La procédure de création des périmètres de protection autour des points de captage a été simplifiée afin d’accélérer leur mise en place. Le Plan régional Santé Environnement prévoit la protection de 80 % des captages en 2008 et 100 % en 2010.
L’enjeu est essentiel puisque sur 63 captages protégeables, à l’heure actuelle seuls trois (celui de Lasserre à Morne à L’Eau et les deux sur la commune de Deshaies dont l’arrêté préfectoral a été signé début février 2009) font l'objet de ces protections réglementaires,…. Néanmoins 26 captages sont en cours de régularisation administrative.
Voir la carte des captages
La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 a confirmé le caractère public et communicable aux tiers de l’ensemble des données relatives à la qualité des eaux. Le Préfet, par l’intermédiaire de la DSDS, est chargé de communiquer aux maires ces données. Ainsi, le maire est tenu d’afficher sous deux jours les résultats du contrôle sanitaire que lui transmet la DSDS. Il présente par ailleurs au conseil municipal le rapport annuel sur la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine. Pour les communes de plus de 3 500 habitants, le maire met à disposition du public ce rapport annuel. En cas de dépassement de normes ou de dégradation de la qualité des eaux, le responsable de la distribution de l'eau procède à une information sur la nature des risques et le danger qui pourrait résulter de la consommation de l’eau.
Enfin, l’arrêté du 10 juillet 1996 a introduit l’obligation de joindre annuellement à l’occasion de la facturation, les éléments essentiels de la synthèse commentée établie par la DSDS. Ainsi, les synthèses annuelles des données relatives à la qualité des eaux pour chacune des communes du département sont transmises chaque année aux collectivités concernées, ces dernières devant s’assurer qu’elles seront jointes aux factures d’eau. |